Rézo’Fêt’Art :

un espace de solidarités citoyennes 

 

1. Historique et état des lieux

Fondée en 2004, l'association Rézo’Fêt’Art souhaite générer du lien social dans un cadre multiculturel et intergénérationnel, par le biais d'activités créatives et récréatives.  Ainsi, Rézo'Fêt'Art réalise des projets et mène des actions depuis 15 ans dans des secteurs divers et variés.

Au commencement, l’association met son énergie et ses « moyens du bord » à la redynamisation culturelle du milieu rural en proposant activités et évènements.

Soutenu par plusieurs appels à projets et collectivités, le festival tremplin « Les Sauterelles Vertes », organisé pour et par les acteurs locaux, fut le projet phare de l’association de 2006 à 2010, réunissant plusieurs milliers de festivaliers le temps d’un week-end annuel.

En 2008, l’association s’est installée au 3 rue Blairet, à Dijon, où elle a créé et animé un espace associatif pluridisciplinaire.

Le champ d’action de l’association s’élargit d’année en année : espace générateur de lien social, jardin en ville, café associatif, scène découverte, espaces de répétition, ateliers artistiques et créatifs, expositions, sensibilisation à l’environnement, la santé et le mieux consommer, animations extérieures, soutiens aux projets, organisations d’évènements...

Depuis 2012, le Rézo’Fêt’Art est soutenu par la Ville de Dijon dans le cadre d’une Convention d’Objectifs et de Moyens Triennale (COMT).

En juin 2017, elle met à la disposition de l’association un nouvel espace d’accueil et d’activités au 78 Quai Nicolas Rolin. Ce site est remarquable par sa dimension historique : premiers bains dijonnais à la fin du 19ème siècle, maison de tolérance jusqu’au milieu du 20ème, guinguette au bord de l’eau… avant d’être cédée à la Ville dans les années 80. Dès lors, un centre de loisirs pour les enfants du personnel de la municipalité est animé jusqu’au début des années 2000. Ensuite, les espaces sont redistribués afin d’accueillir diverses associations. Celles-ci sont relogées progressivement jusqu’en octobre 2018 pour que le Rézo’Fêt’Art puisse s’installer et développer ses activités.

Après 2 ans de transition, de travaux d’aménagements, de mise aux normes et d’expérimentations, l’association inaugure son nouvel espace en mars 2019.

En 2010, pour pérenniser ses actions et répondre aux besoins des activités, l’association signe ses premiers contrats aidés et permet par la même occasion à des personnes éloignées de l’emploi de favoriser leur intégration dans la vie active. Un nouveau volet social s’ouvre alors. Comptant jusqu’à 5 ETP (Équivalent Temps Plein), le Rézo’ développe l’emploi associatif via les dispositifs d’emplois aidés, par nécessité pour le maintien de l’activité, et malgré toutes les difficultés liées à leurs financements.

En été 2017, le Rézo’ est confronté à la fin des dispositifs d’aides à l’emploi, alors même qu’elle vient de bénéficier d’un nouvel espace… Plutôt qu’un retour à un fonctionnement tout bénévole, le Rézo’ fait le choix d’un développement professionnalisé et structuré et d’un maintien de l’emploi, en pérennisant un emploi unique en CDI.

Depuis 2 ans, l’association mène une réflexion quant à son évolution et aux enjeux liés à son développement. Le choix est fait de travailler à une restructuration : évolution des statuts, réorganisation de la gouvernance et de l’implication des adhérents-bénévoles, redéfinition du projet associatif, des valeurs et réévaluation des besoins en personnel. Elle s’attache aussi à établir une stratégie prospective à moyen et long terme afin de stabiliser son fonctionnement et d’améliorer les conditions des activités en direction des publics. Le changement de lieu, même s’il offre de véritables opportunités, a provoqué une fragilité financière que l’association s’attache aujourd’hui à redresser. Il s’agit à présent de trouver de nouveaux équilibres budgétaires qui devront reposer sur un accroissement de l’autofinancement, mais aussi sur un renforcement des fonds publics.

 2. Pour une citoyenneté consciente : valeurs et enjeux

Les fondamentaux de l’association :

  • Générer du lien social et favoriser le développement de chacun

  • Sensibiliser le public au mieux-vivre et au mieux-manger

  • Développer les pratiques culturelles, créatives et éco-citoyennes

 

 

La citoyenneté

Au cœur de nos valeurs, la citoyenneté répond à des problématiques sociétales que nous avons identifiées et sur lesquelles l’association agit depuis sa création.

La dégradation des rapports sociaux, l’isolement, l’élitisme des pratiques culturelles, créatives et de loisirs, animent notre volonté d’action et déterminent nos projets. Via ses valeurs et ses actions concrètes, l’association favorise l’engagement et l’implication de ses membres et bénévoles. Le bénévolat permet de fédérer les diverses énergies, de rapprocher les points de vue et faire émerger une citoyenneté consciente et innovante en favorisant le vivre ensemble et la solidarité, dans un cadre multiculturel et intergénérationnel. 

 

L’environnement

Déjà éveillée aux enjeux écologiques à sa création, l’association renforce son engagement face à l’urgence climatique. Elle développe des pratiques et des usages respectueux de l’Homme et de la Nature. Cet enjeu sociétal est emblématique de l’engagement associatif des adhérents. Conscient de la nécessité d’agir en proximité pour l’avenir de la planète, le Rézo’ s’inscrit dans une démarche d’éco-responsabilité et mène des actions de sensibilisation : santé, alimentation, modes de consommation, préservation des ressources, recyclage…

 

Le « tremplinisme »

Ce terme, propre à l’association, est né du constat du manque de moyens de certains publics pour tester leurs projets. Le « tremplinisme » résume sa philosophie, à savoir encourager, impulser, accompagner et faire émerger des initiatives en lien avec ses valeurs. Après les prémices des coups de pouce, l’association oriente les porteurs de projets qui souhaitent développer leurs actions de manière autonome.

L’association a pour vocation de favoriser la créativité en encourageant les acteurs locaux en devenir. Pour ce faire elle met à disposition de ses membres ses espaces d’activité, son outillage, son matériel, ses compétences et son réseau de contacts.

Dans un esprit de partage et d’échange, l’association contribue à la promotion des pratiques culturelles, artistiques et alternatives, et à l’enrichissement des perspectives d’épanouissement et de développement, individuel et collectif. 

L’accomplissement de ces 3 valeurs fondamentales et complémentaires, dans un cadre accueillant, familial et convivial, induit d’autres notions dans l’engagement des adhérents : ouverture d’esprit, transmission, bienveillance, écoute, curiosité, solidarité, mieux-vivre…

 

 3. Les objectifs 

A. « Le Rézo » : un espace de vie sociale et solidaire

L’une des forces de l’association est le lieu exceptionnel qu’elle anime : un espace physique et aussi philosophique. Il est indissociable de son image, et permet son ancrage dans le tissu associatif local. C’est un relai d’échanges et de partages.

De par sa configuration et sa situation géographique il permet d’accueillir dans les meilleures conditions un large public composé d’artistes, d’artisans, d’associations, d’acteurs locaux et de membres sensibles aux valeurs et actions.

Le café associatif permet la rencontre des différents publics et laisse toute la place à de nouveaux projets.

L’association renforce les activités en lien avec l’environnement local (quartier, ville…). Elle développe et dynamise des espaces de rencontres inter associatives. Elle relaie les actions et projets de ses membres et partenaires. Elle implique ses adhérents dans l’engagement démocratique et citoyen.

Pendant ses heures d’ouverture, les membres peuvent accéder au Café Associatif (boissons, alimentation…) et évoluer dans différents espaces :

Un espace de bricolage et de créativité (mise à disposition d’outils et de matériel), une bibliothèque, des espaces jeux (tennis de table, billard, jeux de société…), un espace d’expositions, un espace solidaire (vêtements, vaisselle, livres…), des espaces de réunion et de bureautique (accès haut débit, impression…), des espaces d’informations, un espaces détente (jardins, terrasse), une scène libre et équipée (son, vidéo, instruments, lumières…), une tisanerie, des espaces sanitaire et buanderie.

Cela constitue un environnement favorable au dialogue et aux solidarités: une émission radio hebdomadaire est d’ailleurs enregistrée sur place, des projections débats, réunion hebdomadaire des membres et bénévoles, Conseil d’Administration ouvert aux membres…

Perspectives :

  • Renforcer l’identité et la lisibilité du lieu, créer des liens avec les habitants et structures du quartier, diversifier les canaux de communication…
  • Rendre le lieu chaleureux et modulable : aménagements, sécurité, décorations… - Proposer une qualité d’accueil constante et régulière articulée autour d’un planning en phase avec les activités et les moyens humains
  • Développer et renforcer nos actions solidaires, accueil de migrants en partenariat avec la Ligue de l’Enseignement, appels aux dons et distribution au public défavorisé…

 

B. Un espace de pratiques culturelles, artistiques et créatives 

L’association propose un espace de pratiques encadrées ou autonomes.

Elle accorde beaucoup d’importance à l’accessibilité en permettant à des équipes amateures ou professionnelles de bénéficier d’espaces  de travail aménagés et à des conditions adaptées.

  • Des espaces de création, de répétition et d’expérimentation sont proposés aux membres : studio de musique, comptoir créatif, salle pluridisciplinaire et modulable, ateliers et espaces extérieurs

L’association permet à des projets émergents de rencontrer des publics en proposant des espaces d’expression : expositions, concerts, théâtre, scène ouverte…La programmation est réalisée selon les besoins et demandes des porteurs de projets. Elle s’inscrit pleinement dans le tremplinisme : premières scènes, répétitions générales, premiers vernissages… Beaucoup reviennent au fil des années pour présenter l’évolution de leurs projets.

  • Via des ateliers et stages, l’association amène des publics à découvrir ou à s’initier à des pratiques, qu’elles soient artistiques, créatives ou de bien-être (théâtre, calligraphie, qi gong, yoga, ukulélé, couture, approfondissement musical, jardinage, décoration...).

Ces ateliers sont encadrés par des membres bénévoles, par des professionnels de l’association ou des intervenants extérieurs.

Perspectives :

  • Restructurer l’offre de programmation
  • Restructurer l’accueil des pratiques
  • Renforcer l’accueil des résidences longues, des formations, des séminaires… - Entretenir et accroitre le parc matériel (son, lumière, costumes, décors, outils, accessoires divers…)

 

C. Un espace de sensibilisation aux pratiques éco-responsables

L’association sensibilise aux pratiques écoresponsables et propose des alternatives respectueuses et durables. Elle souhaite ainsi faire évoluer les modes de consommation et permettre à chacun de s’approprier de bonnes pratiques.

  • Afin de tendre vers un mieux-consommer, l’association anime un café associatif privilégiant les produits locaux, bios, équitables, artisanaux, et dans la mesure du possible, en circuit court et faits maison.

  • Le Rézo propose des espaces de restauration éco-responsables pour diverses structures, associations ou collectivités sur place ou en extérieur. De l’apéritif dinatoire au repas complet, ces espaces s’inscrivent toujours dans un objectif « zéro déchet ». Des ateliers, des conférences, des dégustations, des rencontres avec les producteurs locaux… complètent la démarche vers le mieux-consommer et le mieux-manger. L’association est également relais de paniers bios hebdomadaires.

  • Au-delà du mieux-consommer, l’association développe d’autres pratiques écoresponsables afin de réduire l’empreinte énergétique et d’optimiser les ressources : des jardins partagés de 1.700 m², placettes de compostage partagées, réutilisation et recyclage, toilettes sèches, produits d’entretien naturels, animation de Disco-Soupes et d’ateliers anti-gaspillage alimentaire, promotion du co-voiturage et des transports « doux », mutualisation et mise à disposition d’espace, de matériel et de véhicules

Perspectives :

  • Renforcer le café associatif (diversification des produits, amélioration de l’accueil…)

  • Améliorer l’équipement de la cuisine (réfrigérateur, hotte, gazinière…)

  • Développer l’activité cuisine et l’offre de restauration sur des formats réguliers :

  • Menus complets lors des ouvertures, soirées à thème ou diners-spectacles mensuels...)

  • Développer les ateliers et les rencontres dégustations

  • Remplacer le fourgon et entretenir le parc véhicules

 

 

 

 

D. Faire savoir

Jusque-là essentiellement tournée vers l’interne, la communication est un levier important pour l’avenir de l’association

La communication vers l’extérieur s’articule autour de différents supports :

  • Le site internet

  • Une page Facebook : permet de relayer les actions et les évènements

  • La lettre d’information mensuelle

  • Une émission radiophonique hebdomadaire

  • Des communiqués de presse adressés aux médias locaux pour la promotion des évènements ouverts au public

  • Une présentation des activités sur le site de Jondi.fr

  • Un relai réciproque d’information avec les partenaires et membres structures - Des espaces d’affichage intérieurs et extérieurs

Depuis ses débuts, le bouche à oreille est le moteur de la communication externe de l’association. Il a déjà permis de rassembler plusieurs milliers de membres.

Perspectives :

  • Refondre le site internet et la lettre d’informations pour une meilleure lisibilité (en cours) - Renforcer la communication en direction des publics de proximité (habitants du quartier, commerçants, partenaires de l’association)

  • Développer les interactions avec les médias locaux

, notamment en s’ouvrant vers de nouveaux publics (distribution auprès des habitants du quartier, dépôt chez les commerçants et partenaires de l’association, d’avantage de communiqués de presse…).

 

4.  Les moyens

Ces objectifs conjugués aux moyens mis en œuvre permettent à l’association de réaliser de nombreuses actions, ponctuelles ou régulières, et de développer un espace de vie associative ouvert et cohérent au service de valeurs partagées. Celui-ci s’enrichit au gré de l’émergence de nouveaux projets et de l’implication des membres, mais selon aussi la capacité humaine et financière à mener à bien l’ensemble de ces propositions, auxquelles les publics aujourd’hui répondent présents. 
 

 

A. La gouvernance : un engagement partagé 

L’association a souhaité interroger sa gouvernance afin de redonner une dynamique à la responsabilisation des bénévoles, à l’organisation et à la clarification des rôles, à la mise en place d’une organisation qui permettent plus de fluidité dans le fonctionnement et plus d’accessibilité aux fonctions d’administrateurs.

Une organisation par pôles thématiques a été mise en place en 2018 avec l’objectif de parvenir à une gouvernance qui se pérennise de plus en plus.

B. La structuration : Une gouvernance réorganisée  

Des bénévoles :

Un socle important d’adhérents de tous horizons (environ un millier par an)

Des dizaines de bénévoles réguliers et motivés

Des professionnels :

Le développement régulier de l’activité et la volonté de professionnalisation font qu’il est devenu impossible de fonctionner uniquement avec l’implication des bénévoles et qu’il est nécessaire de pérenniser des compétences.

Durant toutes les dernières années, l’association s’est construite en faisant appel principalement à des emplois aidés (jusqu’à 5). La perte de ressources propres liée au déménagement a obligé la structure à réduire considérablement les emplois.  Aujourd’hui, l’association a pérennisé un emploi en CDI, comme chargé de mission, complété par deux emplois aidés (PEC) dont un à plein temps.

La question de l’emploi est l’une des principales problématiques du Rézo’ et détermine sa réflexion quant aux orientations prospectives, car le volume d’activités et l’amplitude d’ouverture du lieu requièrent à ce jour entre 3 et 5 postes à plein temps. De plus, le « turn-over » récurrent du fait des emplois aidés ne favorise pas une structuration stabilisée.

La question est de déterminer la stratégie adéquate pour répondre à ce besoin : quels postes ? Quels profils ? Quel calendrier pour une pérennisation maximale des emplois ?...

Perspectives :

  • Faire évoluer le poste en CDI de « chargé de mission » en « coordinateur »

  • Réfléchir à la faisabilité d’une grille salariale en adéquation avec les profils de poste (application de la convention collective de l’animation ?)

  • Fixer des objectifs sur l’emploi permanent

  • Redévelopper l’accueil de Services Civiques Volontaires, de stagiaires, d’alternants, de boursiers… en complément d’une équipe structurée et stabilisée.

L’emploi est donc l’une des priorités pour les prochaines années. Il est déterminant pour l’avenir de l’association et il participe à la définition des objectifs budgétaires.

C. Partenariats 

L’association compte plus d’une trentaine de membres structures avec lesquels elle développe des partenariats contribuant au tissu associatif local.

Depuis 2012, une Convention d’Objectifs et de Moyens Triennale (COMT) lie l’association et la Ville de Dijon. Elle permet d’inscrire le projet associatif dans la durée.

Perspectives :

  • Obtenir la possibilité de rescrits fiscaux

  • Développer de nouveaux partenariats avec les acteurs du monde économique

  • Diversifier le soutien des collectivités

  • Approcher des partenaires du monde social et de l’Economie Sociale et Solidaire (ESS)

D. Moyens matériels et logistiques 

Depuis 2017, la mise à disposition par la Ville de Dijon de locaux adaptés, permet à l’association d’offrir aux membres des activités nombreuses et diverses dans de meilleures conditions.

Au fil des années, l’association se constitue un parc matériel, d’outils et d’équipements qui lui permet de répondre à bon nombre de projets.

Deux utilitaires viennent compléter ses moyens, bien que leur remplacement soit indispensable à court terme.

E. Le budget 

Le fonds associatif s’élève à 35.000 € fin 2018, soit environ un quart du budget. A noter une année de transition 2017 très difficile avec plus de 17.000 € de déficit.

Les subventions régulières sont :

20.000 € de la Ville de Dijon dans le cadre d’une COMT.

Les sommes relatives au dispositif des emplois aidés : 50% du SMIC Brut dans la limite de 20 heures (PEC).

L’autofinancement vient compléter ces subventions.

Les variables fondamentales du budget sont les suivantes :

  • Les nouvelles charges liées à l’occupation des nouveaux locaux
  • L’évolution et la diversification des subventions
  • La masse salariale
  • L’évolution du nombre de membres
  • Les recettes générées par les activités et le café associatif
  • L’évolution des partenariats
  • La politique d’investissement globale dans des outils de gestion et dans du matériel

5. L’évaluation

Le projet associatif fera l’objet d’un questionnement régulier. Point de référence des objectifs stratégiques, il nous permettra d’infirmer ou de confirmer les orientations prises sur des cycles de 3 ans.

Il est envisagé de consacrer un temps chaque année à la lecture du bilan sous le prisme des axes du projet.